Briefe und Texte
aus dem intellektuellen
Berlin um 1800

Brief von Johann Albrecht Euler an Jean Henri Samuel Formey (Sankt Petersburg, 21. August 1767)

 

 

Faksimile Dipl. Umschrift Lesefassung Metadaten Entitäten XML Faksimile Dipl. Umschrift Lesefassung Metadaten Entitäten XML
 
 

Staatsbibliothek zu Berlin / Handschriftenabteilung
Weiterverwendung nur mit Genehmigung der Staatsbibliothek zu Berlin

ganze XML-Datei herunterladen powered by TEI

Aktuelle Seite

 
25
Septembre 1767
Monsieur mon très-chèr et très-honoré Oncle !

Vo[...]ci un supplement à la Vocation de Mr Güldenstadt, que Vous aurez reçû
l’ordinaire passé : j’ai crû que quelques articles meriteroienst une explication
ulterieure et j’ai taché de les détailler dans la lettre cy-jointe.

J’avois aussi oublié de Vous mander, Monsieur et très-honoré Oncle, une
nouvelle litteraire qui surement est très interessante, c’est que Sa Majesté
Imperiale
a traduit le Belisaire de Marmontel en langue russe lorsqu’Elle
voyageoit sur la Wolga. Si Mr Marmontel l’apprendre, il en sera très flatté.
Son Ouvrage a été goûté par tous les grands seigneurs de l’Empire, qui l’ont tous
lû et relû plusieurs fois. Vous souvenez Vous, mon très-chèr Oncle, d’un
certain Candidat Neumeïer, aprésent Pasteur à Höchting près de Brémen,
il a epousé une certaine Mll. Malvieux que ma femme a connû autrefois à
Berlin, elle aussi bien que lui sont d’Erlangen et Mr Neumeïer doit avoi[...]
préché dans une eglise françoise à Berlin comme Candidat. Il souhaite
maintenant d’obtenir la place du feu Pasteur Dilthey à notre église d’ici
et il promêt de precher dans les deux langues allemande et françoise.
Je souhaiterois donc de savoir, si Vous pouviez Monsieur et très-chèr
Oncle, me procurer quelques connoissance sur son sujet, et en ce cas que Vous
le connoissiez, que Vous ayez la bonté de m’ecrire et de me dire naturelle-
ment si Vous croyez que ce susdit Pasteur Neumeïer nous convient ?
Le Pasteur Sparre, dont je Vous ai parlé dans ma dernière lettre ne nous
convient en aucune façon ; il est impossible qu’on le comprenne, sa prononciation
françoise est extremement fausse, et ses sermons allemends sont pitoyables,
d’ailleurs on ne fait pas qui il est. Et il paroit être ni françois, ni
allemend : heureusement que nous ne l’avons pas fait venir, et que nou[...]
ne nous sommes engagé à rien. Nous sommes des Brebis égarés sans
Pasteur et j’espère que Vous aurez compassion avec nous et que Vous ne
manquerez pas à travailler avec moi pour nous procurer un Pasteur, auqu[...]
on donneroit surement tous les avantages possibles : nous voilà prèsque
un an entier sans avoir pû participer à la Sainte Cêne. Les paste[...]
Lutherien[...]

Lutheriens ont bien preché dans nôtre eglise, ils en continuent de faire
tous les fonctions, ils baptisent, ils marient ; mais pour la Communion,
c’est un point trop essentiel. Je viens dans ce moment de recevoir
la visite de Mr. Krafft, que Vous devez avoir vû l’hyver passé chez
Vous : nous l’avons engagé ici comme Observateur, etil aura une
Expedition près d’Astracan pour y observer le passage de Venûs l’année
1769 : il logera en attendant chez mon père, qui se servira de lui ou
plustôt de ses yeux et de sa plume. Nous venons aussi d’adresser des
lettres de vocation au Professeur Lowitz à Gottinguen et au Prof.
Gärtner
à Tubingue ; le premièr comme Astronome et Geographe
et l’Autre pour l’histoire naturelle : Notre Academie se divisera
ensuite en deux corps, dont l’un voyagera dans toutes les provinces
de l’empire et l’autre restera ici : nous serons ici les étoiles
fixer et ceux-là les planètes. Si Mr. Bernouilli se vouloit contenter
d’etre un Academicien errant, il pourroit obtenir une place ; mais je crois
que ce seroit en vain delui en parler. Ils se présenteront dejà
d’autres occasions pour le placer plus avantageusement et selon ses
desirs. Je reprens mon journal_mais je n’ai à parler que
de quatres jours, le 17 nous allames voir mon frère le medecin dans
son nouveau logement ; la benediction que Vous lui avez donné, mon très
chèr Oncle, ne produit encore aucun effèt semblable à celui dont je jouïs
après que Vous avez beni mon mariage : Vous aviez trop energiquement pronon-
cé le mot de Ehe. Le 18 rien d’extraordinaire. Le 19 Le Pasteur
Sparre prononçâ un sermon allemand, qu’aucun de ses auditeurs ont pû
comprendre ; nous dinâmes tous chez mon père et nous passâmes
l’après-diner chez mon frère le médecin ; Le 20 rien de remarquable,
le Comte Orlow nous rendit une longue Visite. Adieu Monsieur
mon très-chèr et très-honoré Oncle, nous Vous souhaitons toutes
sortes de prosperités, et nous recommendons toujours unà Vôtre précieuse
bienveuillance.


Je suis avec un très profond respect
Votre très-humble et très-obeïssant
Serviteur et Neveu

J. Albert Euler

St : Petersbourg 21 Aout/1 Septembre 1767

[am Rande: Mr. Krafft aura 360, Mr. Lowitz 1000 et Mr Gärtner 800 Roubles.]
Septembre 1767 Monsieur mon très-chèr et très-honoré Oncle !

Vo[i]ci un supplement à la Vocation de Mr Güldenstadt, que Vous aurez reçû l’ordinaire passé : j’ai crû que quelques articles meriteroient une explication ulterieure et j’ai taché de les détailler dans la lettre cy-jointe.

J’avois aussi oublié de Vous mander, Monsieur et très-honoré Oncle, une nouvelle litteraire qui surement est très interessante, c’est que Sa Majesté Imperiale a traduit le Belisaire de Marmontel en langue russe lorsqu’Elle voyageoit sur la Wolga. Si Mr Marmontel l’apprendre, il en sera très flatté. Son Ouvrage a été goûté par tous les grands seigneurs de l’Empire, qui l’ont tous lû et relû plusieurs fois. Vous souvenez Vous, mon très-chèr Oncle, d’un certain Candidat Neumeïer, aprésent Pasteur à Höchting près de Brémen, il a epousé une certaine Mll. Malvieux que ma femme a connû autrefois à Berlin, elle aussi bien que lui sont d’Erlangen et Mr Neumeïer doit avoi[r] préché dans une eglise françoise à Berlin comme Candidat. Il souhaite maintenant d’obtenir la place du feu Pasteur Dilthey à notre église d’ici et il promêt de precher dans les deux langues allemande et françoise. Je souhaiterois donc de savoir, si Vous pouviez Monsieur et très-chèr Oncle, me procurer quelques connoissance sur son sujet, et en ce cas que Vous le connoissiez, que Vous ayez la bonté de m’ecrire et de me dire naturellement si Vous croyez que ce susdit Pasteur Neumeïer nous convient ? Le Pasteur Sparre, dont je Vous ai parlé dans ma dernière lettre ne nous convient en aucune façon ; il est impossible qu’on le comprenne, sa prononciation françoise est extremement fausse, et ses sermons allemends sont pitoyables, d’ailleurs on ne fait pas qui il est. Et il paroit être ni françois, ni allemend : heureusement que nous ne l’avons pas fait venir, et que nou[s] ne nous sommes engagé à rien. Nous sommes des Brebis égarés sans Pasteur et j’espère que Vous aurez compassion avec nous et que Vous ne manquerez pas à travailler avec moi pour nous procurer un Pasteur, auqu[el] on donneroit surement tous les avantages possibles : nous voilà prèsque un an entier sans avoir pû participer à la Sainte Cêne. Les paste[urs] Lutherien[s]

Lutheriens ont bien preché dans nôtre eglise, ils en continuent de faire tous les fonctions, ils baptisent, ils marient ; mais pour la Communion, c’est un point trop essentiel. Je viens dans ce moment de recevoir la visite de Mr. Krafft, que Vous devez avoir vû l’hyver passé chez Vous : nous l’avons engagé ici comme Observateur, etil aura une Expedition près d’Astracan pour y observer le passage de Venûs l’année 1769 : il logera en attendant chez mon père, qui se servira de lui ou plustôt de ses yeux et de sa plume. Nous venons aussi d’adresser des lettres de vocation au Professeur Lowitz à Gottinguen et au Prof. Gärtner à Tubingue ; le premièr comme Astronome et Geographe et l’Autre pour l’histoire naturelle : Notre Academie se divisera ensuite en deux corps, dont l’un voyagera dans toutes les provinces de l’empire et l’autre restera ici : nous serons ici les étoiles fixer et ceux-là les planètes. Si Mr. Bernouilli se vouloit contenter d’etre un Academicien errant, il pourroit obtenir une place ; mais je crois que ce seroit en vain delui en parler. Ils se présenteront dejà d’autres occasions pour le placer plus avantageusement et selon ses desirs. Je reprens mon journal_mais je n’ai à parler que de quatres jours, le 17 nous allames voir mon frère le medecin dans son nouveau logement ; la benediction que Vous lui avez donné, mon très chèr Oncle, ne produit encore aucun effèt semblable à celui dont je jouïs après que Vous avez beni mon mariage : Vous aviez trop energiquement prononcé le mot de Ehe. Le 18 rien d’extraordinaire. Le 19 Le Pasteur Sparre prononçâ un sermon allemand, qu’aucun de ses auditeurs ont pû comprendre ; nous dinâmes tous chez mon père et nous passâmes l’après-diner chez mon frère le médecin ; Le 20 rien de remarquable, le Comte Orlow nous rendit une longue Visite. Adieu Monsieur mon très-chèr et très-honoré Oncle, nous Vous souhaitons toutes sortes de prosperités, et nous recommendons toujours à Vôtre précieuse bienveuillance.

Je suis avec un très profond respect Votre très-humble et très-obeïssant Serviteur et Neveu J. Albert Euler

St : Petersbourg 21 Aout/1 Septembre 1767

Mr. Krafft aura 360, Mr. Lowitz 1000 et Mr Gärtner 800 Roubles.