Briefe und Texte
aus dem intellektuellen
Berlin um 1800

Brief von Adolf von Buch an Louis de Beausobre (Dresden, 16. und 18. Dezember 1763)

 

 

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32
Monsieur et très cher Ami,

J'ai reçu les Poésies diverses, que Vous m'avés envoyés; je les ai fait venir pour l'Envoyé de Suede, ainsi
Vous auriés eu tort de m'en faire present; cependant je trouve, que Voss les vend un peu cher, car il me semble, que pendant
la guerre il les vendoit à 10 ecus mauvais argent de Saxe. Je joins ici 10 Ducats, 4 pour Voss, 5 pour Obedes
et un pour les deux ecus, qu'il faut encore à Obedes et pour les autres fraix, s'il y en a. Ayés la bonté, de m'en-
voyer les Poésies allemandes de la Karschin1 sur du papier fin, de même, que 4 Almanacs de poche francois de
Berlin
, qu'on vend ordinairement à 16 ou 20 gros et marqués moi, s'il Vous plait, ce que je Vous dois, tant pour ceci
que pour les autres remises, que Vous m'avés fait. Eichstedt m'a notifié l'accouchement de sa femme, mais il
me parle seulement de 3 filles et d'un fruit imparfait. L'epigramme de Voltaire sur le Franc de Pompignan2
me paroit plus supportable encore, que ses vers à l'Imperatrice de Russie, qu'on a vu dans toutes les gazettes.
Le Franc, aprés avoir insulté à son reception à l'Academie Françoise tous les Membres de ce corps,3 meritoit une
Epigramme plus piquante. L'affaire du Comte de Wartensleben avec le Landgrave de Cassel doit nous in-
teresser tous nous autres Envoyés,
parcequ'on a enfreint nos droits et notre sureté, mais à serieusement parler
on voit par les demarches posterieures du Landgrave, qu'il reconnoit avoir fait un faux pas, et qu'il ne sait
pas trop, comment s'en tirer. L'Envoyé de Suede, qui est ici sait mieux maintenir ses droits; il y a environ
6 semaines, qu'on arreta l'hote de sa maison, et qu'on voulut le transporter chés lui: il ne voulut jamais
permettre, que des gens armés entrassent dans la maison où il êtoit, et il obtint, qu'on envoyat lui faire des
excuses, et qu'on ne donnat qu'un Officier et une ordonnance sans armes pour gardes à son hote. Le projet
que Vous me faites, pour faire venir du vin de Bourgogne ici, n'est pas facile à executer, mais je crois, qu'il
seroit possible de faire venir ce vin à Strasbourg et de là ici par un voiturier, quand il auroit même d'autre
charge que de vin. Si Francheville croit le pouvoir faire de cette façon, je le prie, de me faire venir une demi
queu de Romanay et une demie queu d'une autre bonne sorte de vin de Bourgogne.

Kommentare

1 Die Auserlesenen Gedichte von Anna Louisa Karsch erschienen erst 1764.

2 Es handelt sich vermutlich um das berühmte Epigramm Voltaires: „Savez-vous pourquoi Jérémie/ A tant pleuré durant sa vie?/ C'est qu'en prophète il prédisait/ Qu'un jour Lefranc le traduirait“, urpsrünglich gegen Baculard d'Arnaud gerichtet und gegen Lefranc de Pompignan, der allerdings nie Jeremias übersetzte, umschrieb.(Mit Dank an Prof. Theodore Braun)

3 Im Jahre 1760.

79 a trouvé en 36.4.13.9.39. ce qui lui convient, selon ce, que Vous me marqués; elle veut être traitée de cette
facon, et selon toutes les apparences, ce sera à la fin une autre 116.26.13.36.24.8.

Schulenburg fera une figure brillante à Francfort, s'il y depense effectivement 30/m ecus. 6I feroit, à mon avis, très mal
d'aller à sa suite, je ne crois pas, que cela lui conviendroit. D'ici on envoit 3 Ambassadeurs, le Comte de Rex, un des
plus anciens Ministres du Conseil, Ponickau, qui est à Ratisbonne, et Wessenberg, Grand-Maître de l'Electeur
lorsqu'il êtoit encore Prince Electoral, ils auront un Marechal d'Ambassade et 4 Cavaliers à leur suite, on leur
destine 60/m ecus, à ce qu'on dit. Pour ce qui regarde l'affaire d'Eichmann le Ministere Saxon m'a deja repondu
au mois d'Aout, que tant le Magistrat de Leipsic, que la regence du pays avoient reçu ordre d'accelerer l'expedition
de cette affaire.

Tout est ici dans une grande consternation, l'Electeur a pris hier la petite verole, quoiqu'elle soit sortie heureu-
sement, on craint, qu'a son age et avec son embonpoint cet accident ne soit fort dangereux. Ce qui augmente la con-
sternation est, que l'Electrice, qui n'a pas eu la petite verole, et qui la craint, ne veut pas quitter la chambre
de l'Electeur. Si elle la prend aussi, la Saxe sera à plaindre, mais si malheureusement elle venoit à en mourir
ce seroit une perte irrepable pour la Saxe. Par les soins, qu'elle se donne et les fatigues; qu'elle subit, elle
s'estgagné le cœur de tous les sujets. 7. 6.40. 136, 47.24.13, 10.40.143.2.140, 5.26.24.113.18, 39.6.4I.8.
22.10.4.40, 4I.26.50.12.28.56.38.40, 136.13.39.2, 9.8, 20.18.22.22.6, 28.50.33.2.140, 32.I.40.147.12.26.24.40,
2.4I.33.2.140.34.8.4I.14.136.147, 16.24.39.8.36.13.138.40, 38.18.116.24.2.24.4I.

Dans Vos plaisirs de Berlin n'oubliés pas un ami, qui n'en a pas tant ici. Si votre rupture, dont
Vous me parlés, peut contribuer à Votre repos, je Vous en felicite de tout mon cœur;
mais je crains, qu'un
cœur qui a êté occupé, ne pourra plus souffrir le vide.

Je contois faire partir cette lettre le 17 au matin, mais comme l'Electeur mourut la nuit, ce que je n'appris, que le lendemain en
m'eveillant, toutes les portes furent fermées, et n'ont êtés ouvertes, qu'aujourd'hui; je profite d'une estaffette, que j'envoie au Roi, pour Vous faire parvenir
cette lettre. Vous pourrés aisement Vous imaginer la consternation où tout est ici. à Dresde ce 18 Decembre 1763.

Monsieur et très cher Ami,

J'ai reçu les Poésies diverses, que Vous m'avés envoyés; je les ai fait venir pour l'Envoyé de Suede, ainsi Vous auriés eu tort de m'en faire present; cependant je trouve, que Voss les vend un peu cher, car il me semble, que pendant la guerre il les vendoit à 10 ecus mauvais argent de Saxe. Je joins ici 10 Ducats, 4 pour Voss, 5 pour Obedes et un pour les deux ecus, qu'il faut encore à Obedes et pour les autres fraix, s'il y en a. Ayés la bonté, de m'envoyer les Poésies allemandes de la Karschin1 sur du papier fin, de même, que 4 Almanacs de poche francois de Berlin, qu'on vend ordinairement à 16 ou 20 gros et marqués moi, s'il Vous plait, ce que je Vous dois, tant pour ceci que pour les autres remises, que Vous m'avés fait. Eichstedt m'a notifié l'accouchement de sa femme, mais il me parle seulement de 3 filles et d'un fruit imparfait. L'epigramme de Voltaire sur le Franc de Pompignan2 me paroit plus supportable encore, que ses vers à l'Imperatrice de Russie, qu'on a vu dans toutes les gazettes. Le Franc, aprés avoir insulté à son reception à l'Academie Françoise tous les Membres de ce corps,3 meritoit une Epigramme plus piquante. L'affaire du Comte de Wartensleben avec le Landgrave de Cassel doit nous interesser tous nous autres Envoyés, parcequ'on a enfreint nos droits et notre sureté, mais à serieusement parler on voit par les demarches posterieures du Landgrave, qu'il reconnoit avoir fait un faux pas, et qu'il ne sait pas trop, comment s'en tirer. L'Envoyé de Suede, qui est ici sait mieux maintenir ses droits; il y a environ 6 semaines, qu'on arreta l'hote de sa maison, et qu'on voulut le transporter chés lui: il ne voulut jamais permettre, que des gens armés entrassent dans la maison où il êtoit, et il obtint, qu'on envoyat lui faire des excuses, et qu'on ne donnat qu'un Officier et une ordonnance sans armes pour gardes à son hote. Le projet que Vous me faites, pour faire venir du vin de Bourgogne ici, n'est pas facile à executer, mais je crois, qu'il seroit possible de faire venir ce vin à Strasbourg et de là ici par un voiturier, quand il auroit même d'autre charge que de vin. Si Francheville croit le pouvoir faire de cette façon, je le prie, de me faire venir une demi queu de Romanay et une demie queu d'une autre bonne sorte de vin de Bourgogne.

Kommentare

1 Die Auserlesenen Gedichte von Anna Louisa Karsch erschienen erst 1764.

2 Es handelt sich vermutlich um das berühmte Epigramm Voltaires: „Savez-vous pourquoi Jérémie/ A tant pleuré durant sa vie?/ C'est qu'en prophète il prédisait/ Qu'un jour Lefranc le traduirait“, urpsrünglich gegen Baculard d'Arnaud gerichtet und gegen Lefranc de Pompignan, der allerdings nie Jeremias übersetzte, umschrieb.(Mit Dank an Prof. Theodore Braun)

3 Im Jahre 1760.

79 a trouvé en 36.4.13.9.39. ce qui lui convient, selon ce, que Vous me marqués; elle veut être traitée de cette facon, et selon toutes les apparences, ce sera à la fin une autre 116.26.13.36.24.8.

Schulenburg fera une figure brillante à Francfort, s'il y depense effectivement 30/m ecus. 6I feroit, à mon avis, très mal d'aller à sa suite, je ne crois pas, que cela lui conviendroit. D'ici on envoit 3 Ambassadeurs, le Comte de Rex, un des plus anciens Ministres du Conseil, Ponickau, qui est à Ratisbonne, et Wessenberg, Grand-Maître de l'Electeur lorsqu'il êtoit encore Prince Electoral, ils auront un Marechal d'Ambassade et 4 Cavaliers à leur suite, on leur destine 60/m ecus, à ce qu'on dit. Pour ce qui regarde l'affaire d'Eichmann le Ministere Saxon m'a deja repondu au mois d'Aout, que tant le Magistrat de Leipsic, que la regence du pays avoient reçu ordre d'accelerer l'expedition de cette affaire.

Tout est ici dans une grande consternation, l'Electeur a pris hier la petite verole, quoiqu'elle soit sortie heureusement, on craint, qu'a son age et avec son embonpoint cet accident ne soit fort dangereux. Ce qui augmente la consternation est, que l'Electrice, qui n'a pas eu la petite verole, et qui la craint, ne veut pas quitter la chambre de l'Electeur. Si elle la prend aussi, la Saxe sera à plaindre, mais si malheureusement elle venoit à en mourir ce seroit une perte irrepable pour la Saxe. Par les soins, qu'elle se donne et les fatigues; qu'elle subit, elle s'estgagné le cœur de tous les sujets. 7. 6.40. 136, 47.24.13, 10.40.143.2.140, 5.26.24.113.18, 39.6.4I.8. 22.10.4.40, 4I.26.50.12.28.56.38.40, 136.13.39.2, 9.8, 20.18.22.22.6, 28.50.33.2.140, 32.I.40.147.12.26.24.40, 2.4I.33.2.140.34.8.4I.14.136.147, 16.24.39.8.36.13.138.40, 38.18.116.24.2.24.4I.

Dans Vos plaisirs de Berlin n'oubliés pas un ami, qui n'en a pas tant ici. Si votre rupture, dont Vous me parlés, peut contribuer à Votre repos, je Vous en felicite de tout mon cœur; mais je crains, qu'un cœur qui a êté occupé, ne pourra plus souffrir le vide.

Je contois faire partir cette lettre le 17 au matin, mais comme l'Electeur mourut la nuit, ce que je n'appris, que le lendemain en m'eveillant, toutes les portes furent fermées, et n'ont êtés ouvertes, qu'aujourd'hui; je profite d'une estaffette, que j'envoie au Roi, pour Vous faire parvenir cette lettre. Vous pourrés aisement Vous imaginer la consternation où tout est ici. à Dresde ce 18 Decembre 1763.