Lettres et textes:
Le Berlin intellectuel
des années 1800

Lettre de Jean Albert Euler à Jean Henri Samuel Formey (Saint-Pétersbourg, 15 août 1766)

 

 

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      Bibliothèque d'État de Berlin / Section des manuscrits
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      4
      Petersburg ce 15 Aout 1766.
      Monsieur mon très chèr et très honoré Oncle!

      Entre toutes les lettres que nous reçevons de Berlin,
      les Vôtres sont du nombre de celles qui nous font
      le plus de plaisir ; ce sont autant de marques
      de Votre amitié pour nous ; d’une amitié qui nous
      est trop chère pour négliger la moindre occasion
      de Vous en témoigner la plus vive réconnoissance.

      Mon père vient de recevoir par Mr. Krok, Votre
      lettre et le livre dont Vous me parlez, Monsieur
      et très honoré oncle ! dans Votre dernière lettre.
      J’epère (sic) que Vous aurez dejà reçû la lettre, qu’il
      Vous a ecrit il-y-a 8 jours, et dans laquelle
      Vous aurez appris les nouvelles les plus essentielles
      qui regardent sa réception dans cette Capitale
      et particulièrement celle auprès de S.M.I. Ce fût là
      que mon père apprit déjà la nouvelle de la Mort de
      Mr. et Me. de Perard, que vous avez eu la bonté
      de nous marquer dans Votre dernière lettre ;
      mais S.M. y ajouta encore une circonstance que
      Vous semblez ignorer, c’est que Mr de Perard ait
      empoisonnés et sa femme et soi même. S.M. vient
      de faire payer à mon père la somme de 8800 Rubles
      pour acheter une belle maison pour lui et ses
      descendens. Elle nous a aussi fait un present de
      toutes les meubles que nous avons trouvés dans la maison que nous habitons actuellement, et dont
      le prix monte au moins à 2000 Rubles.

      La Reformation de l’Academie Imp. Fait a présent
      l’unique occupation de mon père, et la mienne est
      de l’y soulager. Mes respects à Madame votre épouse
      [à]vos filles et toute Votre famille : item aux Mrs
      Degas ; Handreich etc enfin à tous ceux qui se
      souviennent de moi.

      Je suis très parfaitement V.T.H.S.
      J. Albert Euler [en marge: Ma femme vouloit vous écrire, Monsieur et très chèr Oncle ! mais quelques occupations étant survenûes]
      Monsieur mon très cher et cher et très honoré
      Oncle

      Continués je vous en suplie de nous donner
      de tems en tems de vos nouvelles, ce serons
      toujours autant de marque de votre amitié.
      Je suis persuadé mon très cher Oncle que vous
      en me refuserai point cette satisfaction
      si vous pouviés être present et voir la
      joie qu’elles me causent, je ne pense jamais
      à vous et à tout ce que jai laissé à Berlin
      sans me sentir extremément attendris, et
      quoique notre situation me paroisse
      asses avantageuse je la troquerai volon
      tier pour celle dans que j’avois à Berlin.

      Toutes les nouvelles que vous aves eu la
      bonté de nous marqué mon très cher Oncle
      m’ont extremement touchée je prens surement
      part à l’afflication de chacun en parti
      culier, je n’ai pû m’empecher de plurer
      la mort du jeune Beguelin, sachant

      par experiance la douleur que cause la
      mort d’un enfant cheri. Que fait Madame
      votre Epouse
      et votre chere famille
      elle se portent bien du moin je le souhaite
      elle voudrons bien recevoir les assurances de
      mes civilites. Je ne puis comprendre pour
      quoi je n’ai point des nouvelles de mon
      Père la Bancroute de Gotskovsky en
      seroit-elle la cause, je crois qu’il y avoit
      de l’argent, vous voudrés bien mon très cher
      Oncle faire mille compliment à toutes
      mes connoissance. Je fais pour toujours
      avec un attachemant très respectueux

      Monsieur mon très cher et très honnoré Oncle
      Votre tres heumble et tres obeissante Niesse et Servante
      Euler

      Nous sommes à la veille de célébrer les
      Noces de ma Belle sœur leurs anonce conteront
      pour la derniere fois

      A Monsieur
      Monsieur Formey Min. du St. Ev.
      Professeur en Philosophie, Secretaire
      perpetuel de l’Academie de Berlin
      et Membre de plusieurs autres
      Academies à
      Berlin

      P.S. Mr de Delen aura l’honneur de Vous ecrire Vendredy
      prochain pour Vous communiquer, Mon très chèr
      Oncle ! Son mariage avec ma sœur cadette.
      Il compte de rester ici encore un an et de retourner
      ensuite en Hollande pour soigner lui-même ses
      terres : Mon père, ma mère et toute la famille
      Vous font faire mille complimens. Nous n’avons
      pas encore rencontré le compte de Bruce.
      On imprime actuellement le Calout integrale.

      Petersburg ce 15 Aout 1766. Monsieur mon très chèr et très honoré Oncle!

      Entre toutes les lettres que nous reçevons de Berlin, les Vôtres sont du nombre de celles qui nous font le plus de plaisir ; ce sont autant de marques de Votre amitié pour nous ; d’une amitié qui nous est trop chère pour négliger la moindre occasion de Vous en témoigner la plus vive réconnoissance.

      Mon père vient de recevoir par Mr. Krok, Votre lettre et le livre dont Vous me parlez, Monsieur et très honoré oncle ! dans Votre dernière lettre. J’epère (sic) que Vous aurez dejà reçû la lettre, qu’il Vous a ecrit il-y-a 8 jours, et dans laquelle Vous aurez appris les nouvelles les plus essentielles qui regardent sa réception dans cette Capitale et particulièrement celle auprès de S.M.I. Ce fût là que mon père apprit déjà la nouvelle de la Mort de Mr. et Me. de Perard, que vous avez eu la bonté de nous marquer dans Votre dernière lettre ; mais S.M. y ajouta encore une circonstance que Vous semblez ignorer, c’est que Mr de Perard ait empoisonnés et sa femme et soi même. S.M. vient de faire payer à mon père la somme de 8800 Rubles pour acheter une belle maison pour lui et ses descendens. Elle nous a aussi fait un present de toutes les meubles que nous avons trouvés dans la maison que nous habitons actuellement, et dont le prix monte au moins à 2000 Rubles.

      La Reformation de l’Academie Imp. Fait a présent l’unique occupation de mon père, et la mienne est de l’y soulager. Mes respects à Madame votre épouse [à]vos filles et toute Votre famille : item aux Mrs Degas ; Handreich etc enfin à tous ceux qui se souviennent de moi.

      Je suis très parfaitement V.T.H.S. J. Albert Euler
      Monsieur mon très cher et cher et très honoré Oncle

      Continués je vous en suplie de nous donner de tems en tems de vos nouvelles, ce serons toujours autant de marque de votre amitié. Je suis persuadé mon très cher Oncle que vous en me refuserai point cette satisfaction si vous pouviés être present et voir la joie qu’elles me causent, je ne pense jamais à vous et à tout ce que jai laissé à Berlin sans me sentir extremément attendris, et quoique notre situation me paroisse asses avantageuse je la troquerai volontier pour celle que j’avois à Berlin.

      Toutes les nouvelles que vous aves eu la bonté de nous marqué mon très cher Oncle m’ont extremement touchée je prens surement part à l’afflication de chacun en particulier, je n’ai pû m’empecher de plurer la mort du jeune Beguelin, sachant

      par experiance la douleur que cause la mort d’un enfant cheri. Que fait Madame votre Epouse et votre chere famille elle se portent bien du moin je le souhaite elle voudrons bien recevoir les assurances de mes civilites. Je ne puis comprendre pour quoi je n’ai point des nouvelles de mon Père la Bancroute de Gotskovsky en seroit-elle la cause, je crois qu’il y avoit de l’argent, vous voudrés bien mon très cher Oncle faire mille compliment à toutes mes connoissance. Je fais pour toujours avec un attachemant très respectueux

      Monsieur mon très cher et très honnoré Oncle Votre tres heumble et tres obeissante Niesse et Servante Euler

      Nous sommes à la veille de célébrer les Noces de ma Belle sœur leurs anonce conteront pour la derniere fois

      A Monsieur
      Monsieur Formey Min. du St. Ev.
      Professeur en Philosophie, Secretaire
      perpetuel de l’Academie de Berlin
      et Membre de plusieurs autres
      Academies à
      Berlin

      P.S. Mr de Delen aura l’honneur de Vous ecrire Vendredy prochain pour Vous communiquer, Mon très chèr Oncle ! Son mariage avec ma sœur cadette. Il compte de rester ici encore un an et de retourner ensuite en Hollande pour soigner lui-même ses terres : Mon père, ma mère et toute la famille Vous font faire mille complimens. Nous n’avons pas encore rencontré le compte de Bruce. On imprime actuellement le Calout integrale.