Lettres et textes:
Le Berlin intellectuel
des années 1800

Lettre d'Adolf von Buch à Louis de Beausobre (Magdebourg, le 23 février 1762)

 

 

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    Monsieur

    J’ai êté à Brounsvic; j’ai vu une Cour brillante par elle même et par le nombre des etran-
    gers, qui y etoient venus de toute part, une maison composée de Princes et de Princesses aimables
    un digne Chef de cette maison et un Prince, qui, en faisant esperer, de remplacer un jour dignement
    son Pere, est en même tems le plus aimable homme de la cour; j’ai vu des héros, qui pleins de leur
    grandeur actuelle, oublioient leur êtat passé, et ravaloient leurs grandes actions par une hauteur
    deplacée. j’ai vu des Operas, des Pantomimes, des redoutes et d’autres fêtes; enfin je pourrois Vous
    faire une relation aussi longue, qu’ennuyante, de tout ce, que j’ai vu pendant les 15 jours, que j’ai
    passé à Brounsvic. Malgré tout cela je me trouve fort bien, d’être de retour ici. Vous savés
    combien je tiens aux vieilles habitudes, et ainsi cela ne Vous paroitra pas surprenant; ici je vis avec
    des peronnes, que je connois, qui me veulent du bien et dont je goute la conversation; il est diffi-
    cile, que des fêtes bruyantes remplacent longtems ces agréments solides. J’ai recu à Brounsvic
    deux de Vos lettres, une, que Vous m’aviés adressé directement, et une, qu’on m’a envoyé d’ici
    je viens de recevoir une troisieme aujourd’hui. Je n’ai pas besoin, de Vous dire, combien elles
    m’ont fait de plaisir, et combien d’obligations je Vous dois. Bredow a êté avec moi à Broun
    svic
    ; ce voyage est apparemment cause qu’il ne Vous a pas encore envoyé le reçu de l’argent
    que Vous lui avés envoyé. Il m’a montré Votre lettre et je suppose, qu’il Vous aura repondu
    à l’heure qu’il est; cependant je l’en ferai souvenir, des que je le verrai. Thulemeier marque
    aussi à Bredow dans une lettre, qu’il va acheter une terre pour sa mere, sans dire où, ou comment;
    je ne crois pas, qu’il est envoyé quelque part, car je ne saurois imaginer aucun endroit, où il pour-
    roit être allé. Vous saurés deja, que Goltze a êté envoyé en Russie avec le titre de Colonel et de

    Chambellan, titres, qu’il deposera apparemment à son retour, comme cela est arrivé autre-
    fois au General Grumko. Que dois-je Vous dire sur le changement subit de nos affaires avec la Rus-
    sie
    ; c’est un coup trop marqué de la Providence et que nous ne pouvons asses reconnoitre par les
    plus grandes actions de graces. Puissions-nous nous en rendre dignes par notre conduite à l’av[...]
    J’approuve les arrangements, que Vous voulés faire des livres, que Jasperd Vous a envoyé pour
    moi, je Vous prie de les lui payer. Comme les deux premier Tomes du Dictionnaire de Savary1
    sont avec plusieurs de mes autres livres à Augsbourg, je Vous prie de faire brocher en attendant
    le 3me. Vous m’obligerés, si Vous m’envoyés les Annales Typographiques du mois de Fevrier
    et s’ils ont paru ceux du mois de Mars. Aimés moi toujours et soyés persuadé de mon amitié constante et sincere.

    Commentaires

    1 Le Dictionnaire universel de commerce a été publié par deux frères, Jacques Savary des Bruslons, et Louis-Philémon Savary, qui acheva la préparation de l'ouvrage après la mort de son frère et le fit paraître en 1723. L'ouvrage, le premier de son genre, connut un vif succès en Europe.

    Monsieur

    J’ai êté à Brounsvic; j’ai vu une Cour brillante par elle même et par le nombre des etrangers, qui y etoient venus de toute part, une maison composée de Princes et de Princesses aimables un digne Chef de cette maison et un Prince, qui, en faisant esperer, de remplacer un jour dignement son Pere, est en même tems le plus aimable homme de la cour; j’ai vu des héros, qui pleins de leur grandeur actuelle, oublioient leur êtat passé, et ravaloient leurs grandes actions par une hauteur deplacée. j’ai vu des Operas, des Pantomimes, des redoutes et d’autres fêtes; enfin je pourrois Vous faire une relation aussi longue, qu’ennuyante, de tout ce, que j’ai vu pendant les 15 jours, que j’ai passé à Brounsvic. Malgré tout cela je me trouve fort bien, d’être de retour ici. Vous savés combien je tiens aux vieilles habitudes, et ainsi cela ne Vous paroitra pas surprenant; ici je vis avec des peronnes, que je connois, qui me veulent du bien et dont je goute la conversation; il est difficile, que des fêtes bruyantes remplacent longtems ces agréments solides. J’ai recu à Brounsvic deux de Vos lettres, une, que Vous m’aviés adressé directement, et une, qu’on m’a envoyé d’ici je viens de recevoir une troisieme aujourd’hui. Je n’ai pas besoin, de Vous dire, combien elles m’ont fait de plaisir, et combien d’obligations je Vous dois. Bredow a êté avec moi à Brounsvic; ce voyage est apparemment cause qu’il ne Vous a pas encore envoyé le reçu de l’argent que Vous lui avés envoyé. Il m’a montré Votre lettre et je suppose, qu’il Vous aura repondu à l’heure qu’il est; cependant je l’en ferai souvenir, des que je le verrai. Thulemeier marque aussi à Bredow dans une lettre, qu’il va acheter une terre pour sa mere, sans dire où, ou comment; je ne crois pas, qu’il est envoyé quelque part, car je ne saurois imaginer aucun endroit, où il pourroit être allé. Vous saurés deja, que Goltze a êté envoyé en Russie avec le titre de Colonel et de

    Chambellan, titres, qu’il deposera apparemment à son retour, comme cela est arrivé autrefois au General Grumko. Que dois-je Vous dire sur le changement subit de nos affaires avec la Russie; c’est un coup trop marqué de la Providence et que nous ne pouvons asses reconnoitre par les plus grandes actions de graces. Puissions-nous nous en rendre dignes par notre conduite à l’av[enir.] J’approuve les arrangements, que Vous voulés faire des livres, que Jasperd Vous a envoyé pour moi, je Vous prie de les lui payer. Comme les deux premier Tomes du Dictionnaire de Savary1 sont avec plusieurs de mes autres livres à Augsbourg, je Vous prie de faire brocher en attendant le 3me. Vous m’obligerés, si Vous m’envoyés les Annales Typographiques du mois de Fevrier et s’ils ont paru ceux du mois de Mars. Aimés moi toujours et soyés persuadé de mon amitié constante et sincere.

    Commentaires

    1 Le Dictionnaire universel de commerce a été publié par deux frères, Jacques Savary des Bruslons, et Louis-Philémon Savary, qui acheva la préparation de l'ouvrage après la mort de son frère et le fit paraître en 1723. L'ouvrage, le premier de son genre, connut un vif succès en Europe.