Lettres et textes:
Le Berlin intellectuel
des années 1800

Lettre de Jean Albert Euler à Jean Henri Samuel Formey (Saint Pétersbourg, 16 avril 1768)

 

 

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à St : Petersbourg ce 16/27 Avril 1768.
Monsieur mon très-chèr et très honoré Oncle,

Je reprens la plume au bout de 5 semaines, Vous ayant
ecrit ma derniere, Monsieur et très honoré Oncle, le
14 du mois passé : je commence par répondre aux
trois dernieres lettres du 14, 27 Mars et du 8 Avril,
que Vous m’avez fait l’honneur de m’ecrire.
Mr. Guldenstädt m’a écrit de Riga, et demandé qu’on
l’y laisse encore pendant quatre semaines, l’Academie
vient de le lui accorder et le Prof. Pallas se charge
de l’achât de tout ce que Guldenstädt aura besoin pour
le voiage. Le pere du Pasteur Brounne qui va à
Moscou est sans doute le même que j’ai connû à
Berlin ; il est anglois, savoit beaucoup de Secrets, et
comme le grand directoire, qui l’a fait venir de Zuric, ne
l’emploioit pas comme il voulût, il entra en service chez
le Comte de Kamke. Il y a long tems que je n’ai pas
vû le Comte de Gollovin ; il me chargea de faire des
propositions à Mr. de Zollikoffre pour prendre la place
de Gouverneur auprès de son fils, mais comme celui-ci
l’a refusé, il a pris le partis de faire revenir ce fils,
et de lui faire faire ses études ici. Je felicite
l’Academie de Berlin de ce que S.M.I. vient d’accepter
l’aggregation l’association qu’elle Lui avoit offert.
Ici on n’en sait rien et le Comte Orlov garde la dessus
un profond silence. L’Epicier Bouc est ici et loge
à Wasiliostrov avec un Officier hollandois ; il se porte
bien à ce qu’on m’a dit ; je n’ai pas encore pû le
voir, et m’informer de son état et de ce qu’il fait.

Mon père vient de recevoir par le Prince Dolgorouki
une Seconde requète des Mssrs. Huggenin, Tournon,
Castillon pere et fils. Le Prince s’étoit trompé Sulzer
et Lambert n’ont jamais été de ce complot. Mais Castillon
le père ecrit à mon pere, que lui et son fils possedoient
des Secrets importans et comme Berlin est pour eux un
vrai enfer il supplie qu’on leur procure ici de bonnes
places etc. mon pere a envoié leur requete au comte
d’Orlov
mais je doute qu’on y fasse réflexion. Le Prof. Lowitz
est arrivé le 7 de ce mois ; il a bien passé par Berlin
mais il ne s’y est pas arreté. Aujourd’hui il a diné chez
mon pere avec son fils, un aimable enfant de 10 ans,
nous y étions aussi tous et mon pere celebra mon
jour de noces. Quant à Votre manuscrit, Monsieur
et très-honoré Oncle, je suis très mortifié que je ne
puis pas Vous servir en Votre demande. Notre cher
Comte d’Oxxx est un brâve Seigneur, mais il n’aime
pas les dépenses. Je me connois – je me facherois s’il
me réfusoit quelque chose qui Vous regarde, très chèr
Oncle, et le Comte pourroit bien prendre mauvais si je me
fachois. De pareilles scenes m’ont appris à le connoître
de ce coté là. Le Pasteur La Vigne doit avoir reçû sla
Vocation formelle, que nous avons dressée dans une
assemblée génerale de tous les pères de famille tenue
le 7 de ce mois. Quelques membres de notre commun-
eauté l’ont connû en Suede et ceux-ci louent
beaucoup ses sermons tant françois qu’allemands.
Craignant que la distribution du prix oeconomique
ne causasse plusieures disputes, où je risquerois
d’être impliqué, je me suis heureusement tiré de tout,
soux prétexte que je ne connois pas suffisamment
de quoi il s’agit. et que également l’état de la

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rivière m’empecheroit d’assister aux assemblées.
Effectivement depuis le 6 de ce mois on ne pouvoit plus
passer la riviere en carosse, et hier lesa glaces s’en est
allé tout à fait ; de sorte que pour aller de l’autre
coté il faut avoir double équipageF. Le prix sera
distribué mecredi prochain. C’est le fils du Jardinier
Neumann qui veut venir ici, et j’ai été chargé de lui pro-
curer une bonne condition dans un comptoire d’ici. J’ai
d’abord communiqué l’échantillon typographique à nos
Imprimeurs pour qu’ils tâchent de l’imiter : d’ailleurs
je me remercie très humblement de cette communication
et je souhaite du fond de mon cœur, mon très-honoré
oncle, que Vous continuissiez encore pendant une longue
suite d’années à donner au respectable C.P. de Uhden
de ces marques de Votre tendre amitié pour lui : car
tant que elles supposent Votre vie et cette vie fait mes
délices. Je réprends le fils de mon journal. le 15
Mars je fis une visite chez le General Pohlmann et chez
mon frere. le 16 à l’Eglise reformée et ensuite plusieures
visites. le 17 je dinai chez mon chef et ma femme eut
la visite de Mad. Berlon. le 18 rien d’extraordinaire
car mes occupations journalieres Vous sont connues.
le 19. je dinai chez mon Chef et ensuite à la Societé
oeconomique
. le 23 Dimanche des rameaux à l’église
reformée. le 25 grande nouvelle ; ma sœur
la femme de mon frere le medecin accoucha d’un
fils, et nous l’allions voir. le 27 quelques visites.
le 28 à l’église reformée. le 29 on nous invitâ
pour entendre la messe à la Chapelle de S.M.I,
qui se lisoit dans la nuit entre le 29 et le 30. Mais
Vous jugerez aisement, que ce n’étoit pas là mon
affaire. [en marge]F c’est-à-dire jusqu’à ce que le pont sera rémis.

affaire, que je n’y ai pas été et que personne n’étoit force non
plus. le 30 jour de Pâques, à l’église ensuite chez mon chef et
en retournant chez mon frere qui fut obligé de prendre une
nourrice pour son enfant. L’après diné nous eumes plusieures
visites ; et plusieurs vinrent aussi nous presenter des œufs
en nous felicitant, auxquels il falloit payer les œufs au-delà
du quadruple. Le 31 encore quelques visites ; j’allois vers le
soir à la cour, mais S.M.I. n’étoit pas visible, je fis donc
ma cour à la belle sœur l’accouchée. Le 1 Avril chez le Comte
Alexis Rasumovski
, qui alloit diner chez S.M.I. je dinai donc chez
mon chef, et après diner nous eumes quelques visites ; le 2 et 3
rien_le 4 jours de naissance de mon père et le 5 celui de
ma mère. Mon pere fit assembler la commission academique
extraordinairement pour refler les voyages de Pallas, Gmelin,
Falck, Güldenstadt et Lepechin, qui partiront vers la fin du
mois prochain. Le Comte de Fermov me vint voir et nous
raconta que Le Comte Panin Grand Gouverneur de S.A.I.
avoit reçû à paques de S.M. un présent de 50000 Roubles ;
le Prince Repnin Ambassadeur à Warsovie autant avec l’ord
et encore le Cordon bleu de St : André. Le Comte Alexis Orlov
que tous les médecins de l’Europe avoient abandonné, car on avoit consulté
les plus celebres en leurs faisant des grands présent ; eh bien
ce Seigneur est aprésant parfaitement bien rétabli : il vient
de commander les Gardes à cheval et faire tous les exercices
comme auparavant. C’est un Chirurgien russe, qui a été long
tems à la chine, mais que tous les médecins meprisèrent comme
le plus grand ignorant, de sorte que ce pauvre diable perdit
[en marge: et] sa place et ses pratiques : mais àprésent qu’il a si bien gueri
le Comte Alexis, et ayant fait encore d’autres cures surpren-
nantes, on ne lui a non seulement rendû sa place, mais S.M.
I. a encore accordé sa protection particulière : il est obligé
de demeurer au Palais imperial, et entreprend à présent à
guerir les maladies les plus obstinées. Pourvû que ce bon
homme ne fasse pas une terrible chûte : il me semble qu’il
vaudroit mieux qu’il cessât de guerir.

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Continuation.

le 6 Avril. A l’église mais en retournant, les sentinelles
placées au rivage ne voulurent plus nous permettre de
répasser en voiture la riviere. Nous étions bien embar-
rassés. Heureusement arrivâ un Lieutenant General
qui nous permît de passer encore cette fois ci, mais de
ne pas nous écarter du chemin. En effet la glace com-
mençoit dejà à s’affoiblir, et l’après diner, nous fûmes
contraint de passer la riviere à pied, pour aller chez
mon frère qui fit baptiser et qui nous envoia son
carosse à la rencontre. Je tins l’enfant sur le baptême.
Mll. Winterstadt, ma sœur ainée, mon beau frère Delen et
Papa et Mama furent les comperes et maraines : on
donnâ à l’enfant les noms Leonhard André Charles.
Le 7 fut l’assemblée génerale dans l’église dont je Vous
ai dejà parlé, Monsieur et très-honoré Oncle. Le 9 j’eus
la Visite du Prof. Lowitz. Le 10 j’achetai un garçon
pour 30 Roubles, avec plusieurs milliers de poux : j’espère
avoir fait un bon achat ; je le ferai apprendre à friser.
Le 1312 je fis quelques visites et ensuite à l’Assemblée qui
se tient tous les Samdis au corps de cadèts. Le 13 à l’église
lutherienne. S.M.I. partirent pour Sarskoe Selo.


Voilà tout mon sac vuidé. Cette lettre partira après
demain : s’il se passe encore quelque chose qui mérite
d’être indiquée, je l’ajouterai. Mille et mille civilités
de mon père et de ma mère : nos respects à Mad. Votre
épouse
, bien de complimens aux Mesdemoiselles Vos
filles et de tendres amities aux petits. Ma femme, et
tous se récommandent à Votre bienveuillance et amitiés.
Nos civilités à MM. Pegâ, la maison Labaume, Mrs
Handreich etc etc je suis avec beaucoup de respect

Monsieur et très honoré Oncle Votre très […] et très obeïssant Serviteur

[J.] Albert Euler

.a

a [trou au bas de la page au milieu]

à St : Petersbourg ce 16/27 Avril 1768. Monsieur mon très-chèr et très honoré Oncle,

Je reprens la plume au bout de 5 semaines, Vous ayant ecrit ma derniere, Monsieur et très honoré Oncle, le 14 du mois passé : je commence par répondre aux trois dernieres lettres du 14, 27 Mars et du 8 Avril, que Vous m’avez fait l’honneur de m’ecrire. Mr. Guldenstädt m’a écrit de Riga, et demandé qu’on l’y laisse encore pendant quatre semaines, l’Academie vient de le lui accorder et le Prof. Pallas se charge de l’achât de tout ce que Guldenstädt aura besoin pour le voiage. Le pere du Pasteur Brounne qui va à Moscou est sans doute le même que j’ai connû à Berlin ; il est anglois, savoit beaucoup de Secrets, et comme le grand directoire, qui l’a fait venir de Zuric, ne l’emploioit pas comme il voulût, il entra en service chez le Comte de Kamke. Il y a long tems que je n’ai pas vû le Comte de Gollovin ; il me chargea de faire des propositions à Mr. de Zollikoffre pour prendre la place de Gouverneur auprès de son fils, mais comme celui-ci l’a refusé, il a pris le partis de faire revenir ce fils, et de lui faire faire ses études ici. Je felicite l’Academie de Berlin de ce que S.M.I. vient d’accepter l’association qu’elle Lui avoit offert. Ici on n’en sait rien et le Comte Orlov garde la dessus un profond silence. L’Epicier Bouc est ici et loge à Wasiliostrov avec un Officier hollandois ; il se porte bien à ce qu’on m’a dit ; je n’ai pas encore pû le voir, et m’informer de son état et de ce qu’il fait.

Mon père vient de recevoir par le Prince Dolgorouki une Seconde requète des Mssrs. Huggenin, Tournon, Castillon pere et fils. Le Prince s’étoit trompé Sulzer et Lambert n’ont jamais été de ce complot. Mais Castillon le père ecrit à mon pere, que lui et son fils possedoient des Secrets importans et comme Berlin est pour eux un vrai enfer il supplie qu’on leur procure ici de bonnes places etc. mon pere a envoié leur requete au comte d’Orlov mais je doute qu’on y fasse réflexion. Le Prof. Lowitz est arrivé le 7 de ce mois ; il a bien passé par Berlin mais il ne s’y est pas arreté. Aujourd’hui il a diné chez mon pere avec son fils, un aimable enfant de 10 ans, nous y étions aussi tous et mon pere celebra mon jour de noces. Quant à Votre manuscrit, Monsieur et très-honoré Oncle, je suis très mortifié que je ne puis pas Vous servir en Votre demande. Notre cher Comte d’Oxxx est un brâve Seigneur, mais il n’aime pas les dépenses. Je me connois – je me facherois s’il me réfusoit quelque chose qui Vous regarde, très chèr Oncle, et le Comte pourroit bien prendre mauvais si je me fachois. De pareilles scenes m’ont appris à le connoître de ce coté là. Le Pasteur La Vigne doit avoir reçû sla Vocation formelle, que nous avons dressée dans une assemblée génerale de tous les pères de famille tenue le 7 de ce mois. Quelques membres de notre communeauté l’ont connû en Suede et ceux-ci louent beaucoup ses sermons tant françois qu’allemands. Craignant que la distribution du prix oeconomique ne causasse plusieures disputes, où je risquerois d’être impliqué, je me suis heureusement tiré de tout, soux prétexte que je ne connois pas suffisamment de quoi il s’agit. et que également l’état de la

rivière m’empecheroit d’assister aux assemblées. Effectivement depuis le 6 de ce mois on ne pouvoit plus passer la riviere en carosse, et hier lesa glaces s’en est allé tout à fait ; de sorte que pour aller de l’autre coté il faut avoir double équipageF. Le prix sera distribué mecredi prochain. C’est le fils du Jardinier Neumann qui veut venir ici, et j’ai été chargé de lui procurer une bonne condition dans un comptoire d’ici. J’ai d’abord communiqué l’échantillon typographique à nos Imprimeurs pour qu’ils tâchent de l’imiter : d’ailleurs je me remercie très humblement de cette communication et je souhaite du fond de mon cœur, mon très-honoré oncle, que Vous continuissiez encore pendant une longue suite d’années à donner au respectable C.P. de Uhden de ces marques de Votre tendre amitié pour lui : car elles supposent Votre vie et cette vie fait mes délices. Je réprends le fils de mon journal. le 15 Mars je fis une visite chez le General Pohlmann et chez mon frere. le 16 à l’Eglise reformée et ensuite plusieures visites. le 17 je dinai chez mon chef et ma femme eut la visite de Mad. Berlon. le 18 rien d’extraordinaire car mes occupations journalieres Vous sont connues. le 19. je dinai chez mon Chef et ensuite à la Societé oeconomique. le 23 Dimanche des rameaux à l’église reformée. le 25 grande nouvelle ; la femme de mon frere le medecin accoucha d’un fils, et nous l’allions voir. le 27 quelques visites. le 28 à l’église reformée. le 29 on nous invitâ pour entendre la messe à la Chapelle de S.M.I, qui se lisoit dans la nuit entre le 29 et le 30. Mais Vous jugerez aisement, que ce n’étoit pas là mon affaire. [en marge]F c’est-à-dire jusqu’à ce que le pont sera rémis.

affaire, que je n’y ai pas été et que personne n’étoit force non plus. le 30 jour de Pâques, à l’église ensuite chez mon chef et en retournant chez mon frere qui fut obligé de prendre une nourrice pour son enfant. L’après diné nous eumes plusieures visites ; et plusieurs vinrent aussi nous presenter des œufs en nous felicitant, auxquels il falloit payer les œufs au-delà du quadruple. Le 31 encore quelques visites ; j’allois vers le soir à la cour, mais S.M.I. n’étoit pas visible, je fis donc ma cour à la belle sœur l’accouchée. Le 1 Avril chez le Comte Alexis Rasumovski, qui alloit diner chez S.M.I. je dinai donc chez mon chef, et après diner nous eumes quelques visites ; le 2 et 3 rien_le 4 jours de naissance de mon père et le 5 celui de ma mère. Mon pere fit assembler la commission academique extraordinairement pour refler les voyages de Pallas, Gmelin, Falck, Güldenstadt et Lepechin, qui partiront vers la fin du mois prochain. Le Comte de Fermov me vint voir et nous raconta que Le Comte Panin Grand Gouverneur de S.A.I. avoit reçû à paques de S.M. un présent de 50000 Roubles ; le Prince Repnin Ambassadeur à Warsovie autant et encore le Cordon bleu de St : André. Le Comte Alexis Orlov que tous les médecins de l’Europe avoient abandonné, car on avoit consulté les plus celebres en leurs faisant des grands présent ; eh bien ce Seigneur est aprésant parfaitement bien rétabli : il vient de commander les Gardes à cheval et faire tous les exercices comme auparavant. C’est un Chirurgien russe, qui a été long tems à la chine, mais que tous les médecins meprisèrent comme le plus grand ignorant, de sorte que ce pauvre diable perdit et sa place et ses pratiques : mais àprésent qu’il a si bien gueri le Comte Alexis, et ayant fait encore d’autres cures surprennantes, on ne lui a non seulement rendû sa place, mais S.M. I. a encore accordé sa protection particulière : il est obligé de demeurer au Palais imperial, et entreprend à présent à guerir les maladies les plus obstinées. Pourvû que ce bon homme ne fasse pas une terrible chûte : il me semble qu’il vaudroit mieux qu’il cessât de guerir.

Continuation.

le 6 Avril. A l’église mais en retournant, les sentinelles placées au rivage ne voulurent plus nous permettre de répasser en voiture la riviere. Nous étions bien embarrassés. Heureusement arrivâ un Lieutenant General qui nous permît de passer encore cette fois ci, mais de ne pas nous écarter du chemin. En effet la glace commençoit dejà à s’affoiblir, et l’après diner, nous fûmes contraint de passer la riviere à pied, pour aller chez mon frère qui fit baptiser et qui nous envoia son carosse à la rencontre. Je tins l’enfant sur le baptême. Mll. Winterstadt, ma sœur ainée, mon beau frère Delen et Papa et Mama furent les comperes et maraines : on donnâ à l’enfant les noms Leonhard André Charles. Le 7 fut l’assemblée génerale dans l’église dont je Vous ai dejà parlé, Monsieur et très-honoré Oncle. Le 9 j’eus la Visite du Prof. Lowitz. Le 10 j’achetai un garçon pour 30 Roubles, avec plusieurs milliers de poux : j’espère avoir fait un bon achat ; je le ferai apprendre à friser. Le 12 je fis quelques visites et ensuite à l’Assemblée qui se tient tous les Samdis au corps de cadèts. Le 13 à l’église lutherienne. S.M.I. partirent pour Sarskoe Selo.

Voilà tout mon sac vuidé. Cette lettre partira après demain : s’il se passe encore quelque chose qui mérite d’être indiquée, je l’ajouterai. Mille et mille civilités de mon père et de ma mère : nos respects à Mad. Votre épouse, bien de complimens aux Mesdemoiselles Vos filles et de tendres amities aux petits. Ma femme, et tous se récommandent à Votre bienveuillance et amitiés. Nos civilités à MM. Pegâ, la maison Labaume, Mrs Handreich etc etc je suis avec beaucoup de respect

Monsieur et très honoré Oncle Votre très […] et très obeïssant Serviteur

[J.] Albert Euler

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